
Faites tomber un panier d’œufs, et vous perdez tout. Répartissez ces œufs dans plusieurs paniers, et si l’un tombe, il vous reste de quoi faire le petit-déjeuner.
C’est tout le principe de la diversification. En version investissement : ne mettez pas tout votre argent dans une seule action, un seul secteur ou un seul pays. Répartissez-le, pour qu’une mauvaise nouvelle ne puisse pas faire tomber tout votre portefeuille.
Ça paraît simple. Et ça l’est. Mais c’est aussi l’une des habitudes les plus utiles à prendre quand on débute. Plus utile que de chercher l’action « idéale », et beaucoup plus facile à réussir.
Pourquoi c’est important, surtout quand on débute
Quand on débute en investissement, on peut être tenté de tout miser sur une entreprise en laquelle on croit, ou sur une thématique dont tout le monde parle. Parfois, ça marche. Mais souvent, non. Et dans ce cas, rien dans votre portefeuille ne vient amortir le choc.
La diversification n’empêche pas les mauvaises surprises. Elle veut simplement dire que si une partie de votre portefeuille passe une mauvaise semaine, une autre peut mieux tenir. Votre rendement global devient plus régulier, et dépend moins d’un seul pari gagnant.
Les bases de la diversification
Diversifier, ce n’est pas juste détenir plus de placements. C’est détenir des placements qui ne bougent pas tous pour les mêmes raisons. Il existe plusieurs façons de le faire :
- Classe d’actifs : actions, fonds, obligations et liquidités (ou fonds proches des liquidités, comme les fonds monétaires) ne réagissent pas tous de la même manière à une même nouvelle. Un portefeuille 100 % en actions variera plus fortement à la hausse comme à la baisse qu’un portefeuille qui inclut aussi des obligations ou des fonds.
- Géographie : on peut facilement penser qu’un fonds « mondial » donne une exposition vraiment mondiale, mais beaucoup de grands fonds indiciels mondiaux sont pondérés à 60 à 70 % sur les États-Unis*. Les économies n’avancent pas toutes au même rythme. Sans y prêter attention, votre portefeuille « mondial » peut vite devenir un portefeuille américain avec quelques détours. Répartir volontairement entre plusieurs régions évite de dépendre du sort d’une seule économie.
- Secteur : chaque secteur a ses propres cycles. Biens de consommation de base, énergie, santé et technologie ne montent et ne baissent pas tous ensemble. Répartir entre plusieurs secteurs aide à lisser les à-coups dans le temps.
- Chaîne d’approvisionnement : deux entreprises de secteurs très différents peuvent quand même monter et baisser ensemble si l’une dépend fortement de l’autre. Par exemple, un fabricant de puces et la marque de téléphones qui utilise ses puces. Comprendre ces liens aide à diversifier verticalement, pas seulement horizontalement.
- Au niveau des entreprises : même dans un seul secteur ou un seul fonds, votre argent peut finir concentré sur une poignée de valeurs.
Les ETF règlent-ils le problème pour vous ?
Oui et non. Un ETF (fonds négocié en bourse) regroupe de nombreuses entreprises dans un seul investissement. En acheter un répartit donc déjà votre argent sur un panier de positions, plutôt que sur une seule action. Pour la plupart des personnes qui débutent, un ETF large et diversifié est une très bonne première étape.
Mais « large » ne veut pas toujours dire « équilibré ». Certains ETF suivent une thématique ou un secteur précis, et évoluent donc avec cette seule histoire. Même de grands indices connus peuvent aussi être discrètement dominés par quelques géants. Vous êtes alors plus exposé à une poignée d’entreprises que le nom du fonds ne le laisse penser. Un ETF est un excellent outil de diversification, mais ce n’est pas toute la boîte à outils.
Vous détenez plusieurs ETF ? Vérifiez qu’ils détiennent vraiment des actifs différents. Il est facile de se retrouver avec trois fonds tous très exposés aux mêmes entreprises en arrière-plan. Sur Lightyear, consultez les Participations sous-jacentes dans la section Analyses pour voir au même endroit les actifs sous-jacents de tous vos ETF. Vous repérez ainsi les recoupements au lieu de les deviner.
Les erreurs fréquentes au début
- Mettre la majeure partie, voire la totalité, de son argent dans une seule action ou une thématique très en vue.
- Penser qu’un fonds est automatiquement diversifié parce qu’il détient beaucoup d’entreprises.
- Acheter plusieurs fonds sans vérifier s’ils se recoupent, et se retrouver trois fois avec les mêmes entreprises.
- Courir après les meilleures performances de l’an dernier, au lieu de garder une répartition alignée sur vos objectifs.
- Confondre « plus de placements » et « plus de diversification ». Dix paris similaires ne sont pas plus diversifiés que deux paris très différents.
Comment commencer sans trop se compliquer la vie
Vous n’avez pas besoin d’une stratégie parfaite dès le premier jour. Un point de départ raisonnable peut ressembler à ça :
- Commencez large. Un ETF peu coûteux et largement diversifié est une base solide pour la plupart des débutants.
- Ne restez pas sur une seule classe d’actifs. Une fois le premier pas fait, renseignez-vous et ajoutez-en d’autres à votre portefeuille.
- Répartissez progressivement votre portefeuille entre plusieurs zones géographiques, au lieu de rester lié à un seul marché.
- Vérifiez les recoupements dès que vous détenez plusieurs fonds, pour savoir ce que vous avez vraiment en portefeuille. Des outils comme nos Participations sous-jacentes aident à le faire.
- Faites le point de temps en temps, sans obsession. La diversification est une habitude, pas une tâche à faire une seule fois.
L’essentiel
La diversification ne garantit pas de bénéfice, et elle ne supprime pas entièrement le risque. Rien ne le fait en investissement. Mais c’est la façon la plus simple et la plus fiable d’éviter de prendre plus de risques que prévu. Une habitude à adopter dès votre tout premier investissement.
Note : l’indice MSCI World compte plus de 70 % d’actions américaines, et même le FTSE All-World, plus équilibré, dépasse 60 %.